16 Renga
Posté le 22.01.2007 par alineas
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Incipit et chute créés et tirés au sort
Pourquoi fallait-il toujours qu’elle commette la même erreur.
Elle l’avait rencontré à la sortie du cinéma. Les dimanches après midi solitaires sont longs. Elle avait envie de voir ce film qui avait une bonne critique. En sortant, elle se sentait disponible, détendue, ouverte aux autres.
Son regard est attiré par un homme, appuyé contre un panneau publicitaire, qui la fixe avec un sourire narquois. Le film m’a fait pleurer pense-t-elle mais je ne suis pas ridicule.
Après un coup d’œil vers l’inconnu, quel bel homme, elle se redresse et part d’un pas rapide et raide en le frôlant. Une poigne lui enserre le bras. « Héla, belle dame, on s’excuse quand on passe devant les gens. »
« Laissez moi » proteste-t-elle en rougissant. Il rit et propose de faire la paix devant un café.
La conversation qui suit la persuade que Marc n’est pas comme ses dernières déceptions. Il a du cœur et est attentif aux autres, lui. Marc est attiré par Josiane. Elle est belle, sensible et délicate. Après bien des chagrins, elle semble prête à se créer une nouvelle vie.
Ils vont ainsi se rencontrer tous les dimanches. Au printemps, ils sortent un samedi soir, et vont passer la nuit chez Josiane. Ce n’est pas une nuit inoubliable, mais chacun apprécie cette intimité et la nouvelle dimension de leur relation.
Ils font des projets pour des vacances communes et, à la rentrée, s’installent chez Josiane.
Comme c’est agréable de se détendre à deux après une journée de travail. L’organisation matérielle est parfois l’objet de quelques heurts, mais tout va bien.
L’hiver apporte son lot de mauvaise humeur. Marc, un peu agacé, observe Josiane qui s’enferme dans la salle de bain pour téléphoner et qui cache du courrier. Elle semble parfois s’ennuyer.
Ils préparent Noël. Josiane insiste pour se rendre seule dans les magasins. Aussi, Marc ne veut pas être surpris à offrir le moins beau cadeau. Josiane a besoin de câlins. Il se rend dans une animalerie et choisit un chaton tigré aux couleurs flamboyantes et à l’adorable frimousse. C’est une chatte précise la vendeuse. Il la baptise Zoë.
Le jour de Noël, Marc est prié par Josiane de s’éloigner jusqu’à dix huit heures. Elle prépare une surprise.
Il est allé boire une bière. Il revient avec Zoë dans un panier, et trouve le salon illuminé aux chandelles. Une table est dressée, décorée de couleurs vives. Il y a cinq assiettes. Tu as invité des amis demande-t-il.
« Mieux que ça » répond Josiane. Elle ouvre la porte de la chambre. Trois enfants sont sagement assis sur le lit. Une fillette de huit ans environ aux cheveux blonds et raides et au bleu regard rêveur. Un garçonnet de six ans, au teint chocolat, et aux cheveux noirs crépus. Une petite fille de trois ans aux yeux noirs bridés et aux courts cheveux noirs de jais se pelotonne sur le lit en suçant son pouce.
Je te présente mes enfants, dit Josiane. Ils étaient chez ma mère, mais je veux les reprendre. Leur place est auprès de moi.
Après un long silence, Marc a enfin repris ses esprits.
Josiane se souvient de la fin de cette histoire.
Il referma la porte, prit ses cliques et ses claques, mit Zoë sous son bras, rota, jura, s’excusa puis disparut.
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