05 Les objets
Posté le 01.04.2007 par alineas
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Un saucisson (à l’ail), à l’étal depuis un certain temps
Quinze heures sonnaient au clocher. Je comptais…Cela faisait déjà plus de six heures que j’étais là, allongé de tout mon long au coté de cette belle toulousaine bien grasse et nous n’avions toujours pas osé engager la conversation. Ce matin, en l’honneur de la “journée mondiale du saucisson à l’ail”, qui vient juste après la” journée de la femme”, j’ai été placé sous le néon, au tout premier rang de l’étalage. Oh, je ne suis pas seul, il y a aussi les cousins de Montbéliard, et ceux des Pyrénées. Même ce grand dadais de Justin Bridoux est là, qui fait le coq au milieu des demoiselles de Frankfort. Il a gardé la ligne, lui! Ce qui n’est pas mon cas, surtout sous la chaleur du néon, qui me liquéfie doucement.
Je n’ose pas bouger au milieu des feuilles d’arbres décoratives qui me font une litière. Je tente un regard du coté de ma beauté du sud-ouest…Quelle merveille! Elle est à son apogée. Elle ne craint pas la chaleur, elle…putain, con! Elle exhale une odeur divine. Les deux moignons qui terminent son corps de chaque coté sont de toute beauté. Sera t-elle encore là demain? Rien n’est moins sûr. Il faut que je lui parle maintenant.
Doucement, je me tourne vers elle, mais elle ne me voit pas. Elle regarde au loin, là-bas vers ce saucisson d’âne, une belle spécialité catalane. Il faut bien reconnaître qu’il a de l’allure, le bougre. Ferme et dur, on devine sa verdeur…Mais qu’irait-elle faire avec ce jeune godelureau à la gueule enfarinée? Et moi, ai-je la moindre chance d’attirer son attention?
Je toussote un peu pour voir…Mon haleine fortement aillée nous entoure alors d’une brume d’intimité. Enfin elle se tourne. Je la vois qui rougis. Son corps lisse et gonflé des meilleurs morceaux de porc se tend vers moi. Je me sens défaillir. Rose de plaisir, je me roule à ses cotés et nous disparaissons sous quelques feuilles décoratives d’où émaneront des effluves romantiques jusque tard dans la nuit.
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Posté le 17.02.2007 par alineas
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Une paire de lunettes au hammam
J’ai l’habitude d’aller au hammam tous les samedis matins. Ce jour-là, entre 10 heures et midi, le hammam est mixte ; hommes et femmes, séparés les autres jours de la semaine, s’y côtoient de façon très naturelle et sans équivoque.
Malheureusement pour moi, je suis myope, très très myope. La première fois que je suis venue, j’ai gardé mes lunettes pour pouvoir découvrir les lieux. Mais dès que je suis entrée dans le hammam, mes lunettes se sont couvertes de buée. En voulant m’asseoir sur le banc, j’ai trébuché sur une jambe velue, et, tentant de me rattraper pour ne pas glisser, j’ai posé mes mains là où il ne fallait pas, je vous laisse deviner où. Déjà cramoisie après seulement 10 secondes de vapeur à 42°, je me suis décidée à enlever mes lunettes pour ne plus trébucher sur mes voisins (ou voisines). Elles étaient posées sur le banc, à côté de moi.
Détendue, les yeux fermés, je respirais tranquillement le parfum d’eucalyptus diffusé par la vapeur chaude, et je me suis assoupie.
Un léger craquement m’a fait sursauter.
- oh excusez-moi, s’exclama la jeune femme qui venait de s’asseoir à côté de moi. Je suis myope comme une taupe et je n’ai pas vu vos lunettes !
Depuis ce jour, tous les samedis matin, avant d’arriver au hammam, je me demande : je garde mes lunettes ou je les laisse dans mon sac ?
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