Créer un blog Présentation

Nom du blog :
alineas
Description du blog :
atelier samedi après-midi, 05 06 07
Catégorie :
Blog Religion
Date de création :
22.01.2007
Dernière mise à jour :
07.06.2007
RSS

Rubriques

>> Toutes les catégories <<
· 00. Séance d'essai (0)
· 02. On lui avait bien... (1)
· 05. Les objets (2)
· 08. La nouvelle (1)
· 09. La première fois (1)
· 10. Le monologue intérieur (1)
· 12. Lettre (1)
· 15. Haïkus (1)
· 16. Renga (1)
· 17. Personnage de mes souvenirs (1)
· 20. Description narrativisée (1)
· 22. Narrateurs - Photos - Diégèse (2)
· 24. Anamnèse et pastiche (1)
· 90. Spontanés (7)

Navigation

Accueil
Livre d'or alineas
Créer un blog
Contactez-moi !
Faites passer mon Blog !
Mes blogs et sites préférés

Billets les plus lus

· Sophie : Nouvelle pour Le Pecq
· Colette, Agnès, Marie-Sophie, Isabelle
· Sophie,Michelle,Herminia,Jean-Pascal,Catherine
· Marie-Sophie : Le saucisson
· Isabelle : Nouvelle pour Le Pecq
· Marie-Sophie : texte hors atelier
· Marie-Sophie : Première fois
· Marie-Sophie : Spontané
· .
· Philippe : Nouvelle pour Le Pecq

Statistiques



Recherche personnalisée

Derniers commentaires

RSS

Autres blogs à visiter :

· guillemets
· yannsinclair
· sentinelles
· spiritualite
· verbes
· eer
· theresa
· jubilatedeo
· islamidiens
· untresorgraver



Marie-Sophie : Spontané

Marie-Sophie : Spontané

Posté le 22.01.2007 par alineas

.
Kamikaze

Je suis seul à le savoir, mais dans ce bus, il ne nous reste que quelques minutes à vivre. Je me concentre. Je veux mourir avec des pensées empreintes de vertu et de beauté. Le bus s'arrête. C'est l'ultime occasion de fuir la mort. Peu d'entre vous en profitent!
Juste avant de sortir du bus, une femme laisse tomber un petit carnet qui vient atterrir entre mes pieds. Je m’en saisis et la cherche des yeux, mais elle est déjà dans la rue. Je n’aperçois d’elle qu’un vol de cheveux bruns, une silhouette drapée d’un manteau long. Je me rassieds, ne sachant que faire de ce carnet. Les regards curieux de mes voisins m’empêchent d’y jeter un oeil, j’en ai pourtant très envie. Je me sens maintenant surveillé. Je place le carnet dans ma poche et referme soigneusement les pans de ma veste, dont je relève le col. À l’aide de mes doigts, je tente vainement d’identifier le contenu du carnet. Je sais qu'il ne me reste que quelques courtes minutes, mais à l’heure où tout devrait être clair, mes mains sont moites et mon esprit hésite.

À l'arrêt suivant, je sors du bus. J'ai échoué. Je serre fort les pans de ma veste, comme si elle pouvait cacher aussi mon désarroi. Sur le trottoir, je sors mon portable :
- Un problème technique, on reporte à demain. Je te rappelle.

Contrairement à mes habitudes, je rentre dans le premier bar qui se présente, je commande un café et je m’installe tout au fond de la salle. La hauteur des dossiers m’assure une alcôve d’intimité. Je sors le carnet. Je résiste quelques instants encore à sa lecture pour étudier sa couverture. C’est un carnet très féminin, avec un bouquet de roses imprimé sur un carton doux au toucher. Enfin, je l’ouvre.

Les pages sont noircies d’une écriture ronde et grande qui souffre manifestement de l’étroitesse du support, et se soucie peu des lignes. Son déchiffrage me donne du mal. Le serveur apporte le café et je me surprends à refermer le carnet et à le fourrer dans ma poche. J’attends qu’il s’éloigne. Puis j’entame enfin la lecture de ce qui a déjà changé le cours de mon existence.

Le carnet comporte des dates, mais des dates de nuits, parsemées de façon aléatoire au fil des mois. La première est la nuit du 7 au 8 octobre. De toute évidence, il s'agit d'une sorte de journal intime où cette femme a consigné ses rêves les plus marquants. Je me familiarise peu à peu avec son écriture, et je me plonge avec avidité dans la lecture de son carnet de rêves, qui me coupe du monde pendant plus d’une heure. Certains récits parviennent réellement à me terrifier, d’autres au contraire me plongent dans une sorte d’extase poétique. La sensualité et l’érotisme qui émanent de ce carnet ne me laissent pas indifférent. Je caresse l’idée de retrouver cette femme, moi qui sais tout de ses peurs, de ses envies et de ses désirs les plus secrets. Je tiens son âme, nue, couchée sur le papier, et je me laisse aller à imaginer son corps entre mes mains. J'ignorais être capable de ressentir de telles émotions. Dans ma tête, c'est la chute du mur de Berlin.

Le lendemain matin, je reprends le même bus. Je n’ai aucun mal à la repérer : elle écrit quelque chose sur un carnet. Elle porte le même manteau qu’hier et je reconnais ses cheveux. Je me poste juste devant elle et je sors ostensiblement le carnet de rêve en la fixant du regard pour ne rien rater de son émoi. Immédiatement, son visage s’anime et elle lève vers moi un regard plein de gratitude. Elle se lève et me remercie. Alors seulement ses joues s’empourprent et ses yeux fuient. Mais son regard revient s’accrocher au mien et me brûle le corps de son éclat. Tel le Phœnix, je suis en train de renaître de mes cendres.

- Sortons, je vous en prie.
Elle me suit.

C’est au moment où nous passons la porte que je le vois qui entre. L’autre. Je le reconnais immédiatement, il me ressemble tellement. Ils ont dû sentir que je flanchais hier. Et ils l’ont envoyé pour faire le boulot à ma place. Je devine à son regard métallique que c’est pour tout de suite. Il n’y a rien à faire.

Le bus explose au bout de la rue, ce qui précipita ma dulcinée dans mes bras. Plus vite que dans mes rêves les plus fous.
.
.



--

Ce blog est hébérgé par centerblog. Créer un blog c'est simple, rapide et gratuit sur centerblog.net !
Signaler un abus